Comment choisir un disjoncteur différentiel adapté à votre installation
La sécurité de l'installation électrique dépend avant tout du bon choix d'un disjoncteur différentiel. Ce guide pratique explique comment le choisir en fonction de trois critères clés : sa sensibilité, son type et son calibre. Vous y découvrirez également comment respecter la norme NF C 15-100 et faire la différence entre un interrupteur différentiel et un disjoncteur différentiel, pour une installation à la fois sûre et durable.
Trois critères essentiels pour choisir votre protection différentielle
Pour bien choisir un disjoncteur différentiel, trois caractéristiques sont à prendre en compte. La sensibilité, mesurée en milliampères (mA), détermine le seuil auquel l'appareil détecte une fuite de courant. Le type indique quelles formes de courant sont détectables (alternatif ou continu). Quant au calibre, exprimé en ampères, il correspond à l'intensité maximale supportée avant déclenchement.

Sensibilité 30 mA : protection obligatoire des personnes
La norme NF C 15-100 impose une sensibilité de 30 mA pour tous les circuits terminaux, afin de protéger efficacement contre les risques d'électrocution. Ce seuil permet de détecter les fuites de courant bien avant qu'elles ne deviennent dangereuses.
Bien qu'un dispositif de 300 mA puisse être installé en tête pour la protection contre les incendies, il ne remplace pas les dispositifs différentiels de 30 mA en aval. Pour une installation domestique, prévoyez au minimum deux interrupteurs différentiels : un type AC pour l'éclairage et les prises basiques, et un type A pour la cuisine et les appareils électroménagers.
Type AC ou A : adapter la détection aux appareils
Le type de différentiel détermine quels types de courant il peut détecter :
- Type AC : détecte uniquement les fuites de courant alternatif standard - adapté aux lampes, aspirateurs et appareils multimédias classiques
- Type A : détecte les courants alternatifs et continus pulsés - idéal pour les plaques induction, lave-linge et autres appareils électroniques
- Type F/Hpi : résiste mieux aux déclenchements accidentels - parfait pour les congélateurs et pompes à chaleur
- Type B : détecte tous types de courant (AC, DC et haute fréquence) - indispensable pour les panneaux solaires et bornes de recharge électrique
Pour protéger efficacement votre cuisine, il faut systématiquement choisir un interrupteur différentiel type A de 30 mA.

Calibre 40 A ou 63 A : dimensionner selon la charge
Le calibre d'un disjoncteur différentiel indique son intensité maximale d'utilisation. En habitat, on utilise généralement des modèles de 40 ou 63 ampères. Pour choisir un disjoncteur adapté, additionnez simplement les calibres des disjoncteurs divisionnaires qu'il protège.
| Type de circuit | Section du câble | Calibre du disjoncteur | Exemple d'usage |
| Éclairage | 1,5 mm² | 10 A | Luminaires standards |
| Prises générales | 2,5 mm² | 16–20 A | Prises salon, chambres |
| Lave-linge | 2,5 mm² | 20 A | Circuit dédié type A |
| Plaques induction | 6 mm² | 32 A | Circuit dédié type A |
| Chauffe-eau | 2,5 mm² | 20 A | Contacteur jour/nuit |
Bon à savoir : prenons l'exemple d'une cuisine équipée d'une plaque induction (32 A), d'un lave-vaisselle (20 A), d'un four (20 A) et de prises (16 A). Cela représente une puissance totale de 88 A. Pour sécuriser votre tableau électrique, vous avez le choix entre deux options : répartir ces circuits sur deux disjoncteurs différentiels de 40 A ou opter pour un seul disjoncteur de 63 A, ce qui laisse une marge de sécurité bienvenue. Besoin d'aide pour bien choisir son disjoncteur et votre matériel ? Consultez notre guide complet pour sélectionner le bon calibre et équiper votre installation électrique en toute tranquillité.
Règles d'installation et répartition des circuits
La norme NF C 15-100 impose une répartition équilibrée des circuits et définit un nombre maximum de départs par interrupteur différentiel. Une organisation méthodique simplifie la maintenance, réduit les interruptions de courant et assure une meilleure protection des différents usages électriques de la maison.
Limiter à 8 disjoncteurs par différentiel
Par précaution, ne dépassez pas huit disjoncteurs divisionnaires par disjoncteur différentiel. Cette disposition évite qu'un problème sur un circuit ne coupe l'alimentation de toute l'habitation. Répartissez intelligemment vos circuits en fonction de leur usage pour garantir une alimentation continue.
- Rangée 1 - Cuisine/Buanderie : Protégez plaques de cuisson, électroménager et prises dédiées avec un interrupteur différentiel 40 A type A
- Rangée 2 - Éclairage et prises générales : Affectez chambres et pièces de vie à un différentiel 40 A type AC
- Rangée 3 - Chauffage/ECS : Isolez radiateurs et ballon d'eau chaude sur un circuit spécifique
Cette organisation prévient les désagréments : une surcharge en cuisine n'affectera pas l'éclairage des espaces communs. Pensez aussi à laisser 20% d'espace libre dans votre tableau électrique pour anticiper d'éventuelles évolutions (domotique, recharge véhicule électrique...).
Adapter le calibrage aux sections de câbles
Le calibre d'un disjoncteur doit impérativement correspondre à la section des conducteurs pour prévenir tout échauffement dangereux. Par exemple, un câble de 1,5 mm² ne doit jamais être protégé par un disjoncteur 32 A.
- Éclairage (1,5 mm²) → disjoncteur 10 A
- Prises standards (2,5 mm²) → disjoncteur 16 ou 20 A
- Plaques de cuisson (6 mm²) → disjoncteur 32 A
- Chauffage (10 mm²) → disjoncteur 40 A
Sélectionnez toujours le calibre standard juste supérieur au courant nominal - cette marge évite les déclenchements intempestifs tout en maintenant une protection optimale. Consultez notre guide complet pour bien choisir votre disjoncteur différentiel.
Pouvoir de coupure et courbe magnétothermique
Le pouvoir de coupure (exprimé en kA) indique l'intensité maximale de court-circuit que l'appareil peut interrompre. En habitat individuel, 3 à 6 kA suffisent généralement, sauf pour les installations proches d'un poste transformateur qui nécessitent 10 kA.
La courbe de déclenchement détermine la sensibilité aux pics de courant :
- Courbe B (3-5×In) : circuits sensibles sans démarrage brutal
- Courbe C (5-10×In) : usage domestique standard (recommandée)
- Courbe D (10-20×In) : moteurs et appareils à fort appel de courant
Pour une installation électrique résidentielle, privilégiez les disjoncteurs courbe C. Ils offrent le meilleur équilibre entre sensibilité et tolérance aux fluctuations, tout en respectant parfaitement les règles de calibrage et les exigences du calibre d'un disjoncteur différentiel.
Disjoncteur différentiel ou interrupteur différentiel : que choisir
Savoir distinguer ces deux dispositifs différentiels est essentiel pour optimiser la protection de votre installation électrique. Bien qu'ils détectent tous deux les fuites de courant, leurs rôles et niveaux de protection diffèrent.
Interrupteur différentiel : protection groupée économique
L'interrupteur différentiel a une seule fonction : assurer la protection différentielle. Il détecte les fuites électriques vers la terre mais n'offre aucune protection contre les surcharges ou courts-circuits. Ces risques doivent être couverts par des disjoncteurs divisionnaires.
Ce montage en cascade reste la solution la plus économique pour la plupart des circuits. Placez un interrupteur différentiel 30 mA en tête de ligne, puis connectez-y 6 à 8 disjoncteurs divisionnaires protégeant chacun un circuit spécifique (éclairage, prises, électroménager...).
Avantage majeur : coût réduit et dépannage facilité grâce à une localisation rapide du circuit défaillant. Inconvénient : un défaut entraîne quand même la coupure de toute la ligne.
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Disjoncteur différentiel : protection dédiée pour circuits critiques
Le disjoncteur différentiel de type A, F ou B combine en un seul appareil la protection contre les fuites et les surintensités. Il isole immédiatement le circuit concerné sans affecter les autres.
Optez pour cette solution "tout-en-un" dans ces situations :
- Équipements sensibles : congélateur, système d'alarme ou serveur où toute coupure serait préjudiciable
- Bornes de recharge : les véhicules électriques exigent souvent un type B pour les courants continus résiduels
- Installations solaires : la norme impose fréquemment un type B après l'onduleur
- Machines industrielles : les moteurs nécessitent généralement une courbe de déclenchement D
Exemple pratique : pour une maison standard, prévoyez deux interrupteurs différentiels 40 A (type AC pour prises, type A pour cuisine) et ajoutez un disjoncteur différentiel 20 A type A dédié aux appareils sensibles.
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Sélectivité et coordination des protections
La sélectivité permet au dispositif le plus proche du défaut de déclencher en premier, évitant des coupures inutiles. Pour y parvenir, installez en amont un différentiel sélectif 300 mA (marqué S) qui temporise légèrement, laissant priorité aux différentiels 30 mA en aval.
Cette configuration est idéale pour les grandes habitations ou locaux professionnels où la continuité électrique est cruciale. Harmonisez bien les types d'interrupteurs différentiels et les calibres pour créer cette cascade de protection : 300 mA S → 30 mA instantané → disjoncteurs divisionnaires.
Hexapros propose différents types de disjoncteurs différentiels sélectifs, fabriqués en France et conformes à la norme NF C 15-100. Lire les exigences réglementaires pour bien choisir un disjoncteur différentiel.
Installation pratique et conformité réglementaire
Pour installer un disjoncteur différentiel ou un interrupteur différentiel, il est essentiel de suivre une méthode rigoureuse. Ces règles sont précisément définies par la norme NF C 15-100 et complétées par l'arrêté du 3 août 2016, qui encadrent toutes les modifications sur votre installation électrique.
Procédure de montage et raccordement
- Commencez par couper le courant : mettez hors tension le disjoncteur général puis vérifiez l'absence de tension avec un testeur.
- Placez le dispositif : installez-le en tête de rangée sur le rail DIN, de préférence dans la partie haute du tableau électrique.
- Raccordez l'arrivée de courant : connectez phase et neutre depuis le disjoncteur principal ou le peigne vertical.
- Alimentez les circuits : reliez ensuite les disjoncteurs divisionnaires avec un peigne horizontal ou des bornes adaptées.
- Serrez correctement : utilisez un couple de 2,5 N·m pour assurer un bon contact et éviter tout échauffement.
- Testez le fonctionnement : une fois le courant rétabli, pressez le bouton T - le déclenchement doit être immédiat.
Le tableau électrique se fixe dans la GTL à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,80 m, l'idéal étant environ 1,70 m. Pensez à bien étiqueter chaque circuit pour faciliter la maintenance et permettre un diagnostic rapide en cas de problème.
Dimensionnement du tableau et occupation modulaire
Chaque appareil occupe un nombre spécifique de modules : un disjoncteur divisionnaire prend 1 module, tandis qu'un interrupteur ou disjoncteur différentiel bipolaire en nécessite 2. Pour un interrupteur différentiel tétrapolaire, comptez 4 modules - cette répartition impacte directement la taille nécessaire pour votre coffret.
| Surface logement | Nombre de rangées | Modules totaux | Modules libres |
| < 70 m² | 2 rangées | 24–26 | ≈ 5 (20 %) |
| 70–100 m² | 2–3 rangées | 36–39 | ≈ 8 (20 %) |
| > 100 m² | 3–4 rangées | 48–52 | ≈ 10 (20 %) |
Dans un logement de 100 m², comptez généralement trois rangées de treize modules : deux interrupteurs différentiels 40 A (4 modules), dix-huit disjoncteurs divisionnaires (18 modules), un parafoudre (2 modules) et un télérupteur (1 module). Cela représente 25 modules utilisés, laissant 14 emplacements disponibles pour d'éventuelles extensions.
Mise à la terre et protection contre les surtensions
La terre est fondamentale pour une bonne protection différentielle : sans elle, le système ne peut pas détecter les défauts d'isolement. Veillez donc à bien relier la barrette de terre du coffret au piquet extérieur, avec une résistance inférieure à 100 Ω pour garantir une sécurité optimale.
Si vous vivez dans une région où les orages sont fréquents (plus de 25 jours par an), il est recommandé d'installer un parafoudre en tête de votre tableau électrique. Cet équipement supplémentaire permet de protéger efficacement vos appareils électroniques sensibles contre les surtensions, tout en préservant le rôle des disjoncteurs différentiels.
Dans les salles d'eau, pensez à établir une liaison équipotentielle qui connecte les éléments métalliques (baignoire, robinets, canalisations) à la terre. Cette précaution élimine les risques liés aux différences de potentiel et améliore la sécurité globale de votre installation électrique.
Critères de choix : synthèse et recommandations
Pour bien choisir un disjoncteur différentiel ou un interrupteur différentiel adapté à vos besoins, voici les cinq principaux critères à prendre en compte :
- Sensibilité d'un interrupteur différentiel (IΔn) : Le seuil de 30 mA est obligatoire pour assurer la protection des personnes sur les circuits terminaux. Un modèle 300 mA peut être utilisé en tête d'installation pour la protection contre les incendies.
- Type (AC/A/F/B) :
- AC : circuits basiques
- A : appareils électroniques et électroménager
- F : congélateurs et équipements sensibles
- B : installations photovoltaïques et bornes de recharge
- Calibre (In) : Un modèle 40A convient pour six à huit disjoncteurs divisionnaires (charge totale ~50A). Optez pour un 63A pour des besoins plus importants, avec toujours une marge de sécurité.
- Nombre de pôles : 1P+N ou 2P pour du monophasé 230V. En triphasé, choisissez impérativement un modèle 3P+N tétrapolaire.
- Pouvoir de coupure : De 3 à 6 kA pour une habitation standard, jusqu'à 10 kA si vous êtes proche d'un transformateur. Vérifiez la compatibilité avec le rail DIN et les bornes.
L'interrupteur différentiel se place généralement en tête de rangée pour une protection groupée économique. Réservez le disjoncteur différentiel aux circuits prioritaires comme le congélateur, la borne de recharge ou votre installation solaire, où une protection indépendante est nécessaire.
Pour une maison de 70 à 100m² :
- 2 interrupteurs différentiels 40A (1 type AC + 1 type A)
- Environ 15 disjoncteurs divisionnaires adaptés aux sections de câbles
- Un tableau électrique 3 rangées avec 20% d'espace libre pour d'éventuelles extensions
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Foire aux questions
Pour déterminer le calibre d'un disjoncteur différentiel, additionnez les courants nominaux de tous les disjoncteurs divisionnaires placés en aval, en ne dépassant pas huit modules par groupe. Si le total atteint environ 52 A, préférez un modèle de 63 A pour rester au-dessus du disjoncteur principal et assurer la sécurité. Appliquez 100% de l'intensité pour les circuits permanents, et seulement 50% pour les usages occasionnels, conformément aux exigences de la norme.
Pour choisir un disjoncteur différentiel entre 40 A et 63 A, évaluez d'abord la charge totale : un modèle 40 A suffit si l'intensité des disjoncteurs aval reste sous 45 A (soit 6 à 8 circuits standards). En revanche, passez à un calibre de 63 A si la charge dépasse 50 A ou pour alimenter des appareils énergivores. Cette option offre une marge de sécurité et anticipe d'éventuelles extensions, tout en respectant les critères de choix réglementaires.
Trois règles essentielles guident le choix d'un disjoncteur différentiel conforme :
- Une sensibilité obligatoire de 30 mA pour la protection des personnes
- Un type (AC ou A) adapté aux appareils connectés
- Un calibre aligné sur l'intensité des disjoncteurs divisionnaires en aval
Limitez à huit le nombre de circuits par différentiel et installez au moins deux dispositifs 30 mA pour éviter les coupures générales. Bien choisir son matériel selon ces principes garantit une installation sécurisée et évite les modifications ultérieures.
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